Skip to Content

Comment les neurosciences peuvent nous aider à tenir nos résolutions

Chaque début d’année, le même scénario se répète. Nous prenons des résolutions pleines de bonnes intentions : mieux manger, faire plus de sport, réduire le stress, arrêter de fumer, dormir davantage... 

Et pourtant, quelques semaines plus tard, la motivation s’effrite et ce n’est pas un manque de volonté ! Les neurosciences montrent que notre cerveau n’est tout simplement pas conçu pour changer brutalement ses habitudes. 

Bonne nouvelle : comprendre son fonctionnement permet de mettre en place des stratégies beaucoup plus efficaces pour tenir ses résolutions dans la durée.

Pourquoi le cerveau résiste au changement

Le cerveau cherche avant tout à économiser de l’énergie. Il adore les habitudes, car elles sont gérées en grande partie par des circuits automatiques, notamment au niveau des ganglions de la base. Une action répétée devient ainsi presque inconsciente : on agit sans réfléchir.

Changer une habitude demande l’intervention du cortex préfrontal, la zone impliquée dans la prise de décision, la planification et le contrôle de soi. 

Or, cette région est très sensible à la fatigue, au stress et aux émotions négatives. C’est pour cela que les résolutions prises avec enthousiasme peuvent s’effondrer dès que la charge mentale augmente ou que le quotidien reprend le dessus.

Les neurosciences nous apprennent donc une chose essentielle: pour tenir ses résolutions, il faut travailler avec le cerveau, pas contre lui.

L’importance de la motivation émotionnelle

Le cerveau ne fonctionne pas uniquement avec la logique. Les émotions jouent un rôle important dans la prise de décision. En effet, une résolution uniquement basée sur ce qu’il "faut" faire active peu les circuits de la récompense.

En revanche, lorsque l’objectif est associé à une émotion positive ou à un sens personnel profond, la dopamine entre en jeu. Ce neurotransmetteur, souvent appelé hormone de la motivation, renforce l’envie d’agir et de persévérer.

Plutôt que de se dire "je dois faire du sport", le cerveau réagit mieux à une formulation comme "je veux retrouver de l’énergie, me sentir plus libre dans mon corps". 

Cette nuance, validée par les neurosciences motivationnelles, augmente significativement les chances de maintenir l’effort.

Jeune femme sur ballon sport dans une salle de sport qui sourit

Fractionner pour mieux réussir

Un autre enseignement clé des neurosciences concerne la taille des objectifs. Le cerveau perçoit les changements trop importants comme une menace. Cela active les circuits du stress et favorise l’abandon.

À l’inverse, des objectifs petits, précis et progressifs sont mieux acceptés. Chaque réussite, même minime, déclenche une libération de dopamine, renforçant le comportement. C’est ce mécanisme qui explique pourquoi cocher une tâche sur une liste procure une satisfaction immédiate.

Tenir ses résolutions passe donc par une approche graduelle : commencer petit, répéter souvent, puis augmenter progressivement l’intensité.

Le rôle clé des habitudes et de l’environnement

Les neurosciences comportementales montrent que la volonté seule est peu fiable. En revanche, l’environnement influence fortement nos comportements, souvent sans que nous en ayons conscience.

Modifier son environnement permet de réduire l’effort cognitif nécessaire au changement. Par exemple, préparer ses repas à l’avance, poser ses affaires de sport en évidence ou limiter l’accès aux tentations facilite la mise en action. Le cerveau choisit naturellement la voie la plus simple.

Créer une nouvelle habitude consiste donc moins à se forcer qu’à rendre le bon comportement plus accessible que l’ancien.

Le sommeil et le stress, des alliés sous-estimés

Le cortex préfrontal, indispensable pour tenir ses engagements, fonctionne mal en cas de manque de sommeil ou de stress chronique. Les neurosciences ont clairement établi le lien entre fatigue, impulsivité et perte de contrôle.

Améliorer son sommeil et réduire le stress ne sont pas des objectifs secondaires : ce sont des leviers fondamentaux pour maintenir ses résolutions. 

Un cerveau reposé résiste mieux aux tentations et prend des décisions plus alignées avec les objectifs à long terme.

Reprogrammer son cerveau avec la répétition

Le cerveau est plastique, c’est-à-dire capable de se modifier tout au long de la vie. Chaque répétition renforce les connexions neuronales associées à un comportement. Avec le temps, ce qui demandait un effort conscient devient automatique.

Les neurosciences confirment ainsi qu’il n’existe pas de "mauvais cerveau", mais seulement des circuits bien entraînés… ou non ! Tenir ses résolutions revient donc à entraîner de nouveaux circuits, jour après jour, avec constance plutôt qu’intensité.

Des résolutions plus respectueuses du cerveau

Les neurosciences nous invitent à changer de regard sur les résolutions. Il ne s’agit pas de se discipliner davantage, mais de mieux comprendre comment le cerveau apprend, résiste et évolue.

En s’appuyant sur la motivation émotionnelle, la progressivité, l’environnement, le repos et la répétition, il devient possible de transformer des intentions de début d’année en véritables changements durables.

Et si, cette année, la clé n’était pas d’en faire plus, mais de faire plus intelligemment ?


Alexia Bernard January 12, 2026
Share this post
Archive
Stress, cortisol et vieillissement prématuré : un lien sous-estimé